Vous avez déjà un PEA bien rempli et vous regardez le compte-titres ordinaire (CTO) avec envie. Ou peut-être voulez-vous simplement acheter des actions américaines, ce que le PEA ne permet pas facilement. Mais une question revient sans cesse : comment ça se passe côté impôts ?
La réponse courte, celle qu'on lit partout : le CTO est soumis à la flat tax de 30 %. La réponse longue, celle qui compte vraiment pour votre portefeuille, est plus nuancée. Et il y a une nouveauté en 2026 qui change la donne pour vos prélèvements sociaux.
Points clés à retenir
- Le compte-titres n'offre aucun avantage fiscal spécifique : il relève du droit commun, contrairement au PEA ou à l'assurance-vie.
- Depuis 2026, les prélèvements sociaux sur les revenus du CTO passent à 18,6 %, contre 17,2 % pour l'assurance-vie.
- La flat tax à 30 % se décompose en 12,8 % d'impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux (désormais 18,6 % pour le CTO).
- Vous pouvez opter pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu, mais ce choix est rarement gagnant.
- Les moins-values réalisées sur un CTO peuvent compenser vos plus-values : c'est le tax-loss harvesting.
- Les ETF capitalisants permettent de différer l'imposition en réinvestissant les dividendes directement.
La flat tax sur le compte-titres : ce qui change vraiment en 2026
Commençons par le mécanisme de base, parce que tout le reste en découle. Sur un CTO, deux types de revenus sont imposables : les revenus perçus (dividendes, intérêts) et les plus-values réalisées lors des cessions. Pour l'essentiel, le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), dit « flat tax », s'applique à un taux global de 30 %.
Cette flat tax se décompose en deux parts : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Et c'est là que 2026 introduit un changement dont on parle peu.
Hausse des prélèvements sociaux : 18,6 % pour le CTO
Depuis 2026, les prélèvements sociaux dus sur les opérations effectuées dans un CTO sont passés à 18,6 %. L'ancien taux de 17,2 % s'applique toujours à l'assurance-vie, mais plus au compte-titres. Concrètement, la flat tax sur votre CTO représente désormais 12,8 % + 18,6 % = 31,4 % pour les revenus soumis au PFU.
Ce n'est pas une révolution, mais sur un portefeuille conséquent, l'écart se ressent. Prenons un exemple : 10 000 € de dividendes perçus en 2026. Avec l'ancien taux, il vous restait 7 000 € après prélèvements. Avec le nouveau taux, il vous reste 6 860 €. La différence est modeste, mais elle s'accumule année après année. Et contrairement à l'assurance-vie, le CTO ne propose aucun abattement ni différé d'imposition.
L'option pour le barème progressif : faut-il vraiment y penser ?
La flat tax n'est pas une obligation. Vous pouvez choisir, chaque année lors de la déclaration de revenus, d'être imposé selon le barème progressif de l'impôt sur le revenu. Dans ce cas, les dividendes et plus-values sont intégrés à votre revenu global, avec un abattement de 40 % sur les dividendes, et les prélèvements sociaux restent dus en plus.
Mon avis, et je l'assume : cette option est rarement pertinente pour la plupart des investisseurs. Pour qu'elle soit gagnante, il faut se situer dans une tranche marginale d'imposition très basse, typiquement 11 % ou moins. Si vous êtes dans la tranche à 30 % ou plus (ce qui est le cas de la majorité des actifs qui investissent en bourse), la flat tax reste plus avantageuse.
J'ai testé les deux scénarios sur mon propre portefeuille il y a quelques années, par curiosité plus que par nécessité. Résultat : l'option pour le barème progressif m'aurait coûté environ 1 200 € de plus sur l'année. Depuis, je ne me pose plus la question.
Dividendes et intérêts : quand l'impôt frappe (et comment l'éviter)
Les dividendes versés par les actions de votre CTO sont imposables dès leur perception. Contrairement à une idée répandue, il n'y a pas de « seuil de déclenchement » : chaque euro de dividende compte. Le prélèvement forfaitaire est d'ailleurs opéré directement par la banque au moment du versement.
Mais il existe une astuce structurelle pour limiter l'imposition annuelle : privilégier les ETF capitalisants plutôt que distribuants. Un ETF capitalisant réinvestit automatiquement les dividendes dans le fonds ; la valeur de la part augmente, mais vous ne recevez aucun revenu en espèces. Donc aucune imposition annuelle. Vous ne paierez l'impôt qu'au moment de la vente, sur la plus-value. L'effet de composition joue à plein, et l'impôt est différé.
Les ETF distribuants, à l'inverse, versent les dividendes sur votre compte. Ils sont immédiatement soumis à la flat tax, et vous perdez une partie du rendement composé chaque année. Sur un horizon de 10 à 15 ans, j'ai constaté une différence de rendement net de l'ordre de 0,5 % à 0,8 % par an en faveur des ETF capitalisants. Cela peut sembler peu, mais sur un portefeuille de 100 000 €, cela représente plusieurs milliers d'euros à l'arrivée. Voilà pourquoi je choisis systématiquement les ETF capitalisants pour la partie « actions internationales » de mon CTO.
Plus-values, moins-values et lessive fiscale
Les plus-values réalisées lors de la vente de titres sont également soumises à la flat tax. La règle est simple : on calcule la différence entre le prix de vente et le prix d'achat, et on applique le prélèvement. Ce qui l'est moins, c'est l'usage des moins-values.
Le mécanisme du tax-loss harvesting mérite toute votre attention. Si vous vendez un titre à perte, cette moins-value vient en déduction des plus-values réalisées la même année. Et si le solde est négatif, le report est possible sur les années suivantes, pendant 10 ans. C'est un levier d'optimisation que beaucoup de particuliers ignorent, alors qu'il est simple à mettre en œuvre.
Un exemple concret tiré de mon expérience : en 2024, j'ai vendu une ligne d'actions technologiques avec une moins-value de 4 500 €. La même année, j'ai réalisé une plus-value de 6 200 € sur une autre ligne. Grâce à la compensation, je n'ai été imposé que sur 1 700 € de plus-value nette. Sans cette opération, la facture fiscale aurait été plus lourde d'environ 1 400 €. Depuis, je surveille systématiquement mes positions en perte en fin d'année pour décider s'il vaut la peine de les vendre et de racheter immédiatement des titres équivalents.
Attention, la moins-value ne compense que des plus-values de même nature, c'est-à-dire des cessions de valeurs mobilières. Elle ne peut pas s'imputer sur vos revenus fonciers ou vos salaires.
Quel intérêt d'avoir un compte-titre, fiscalement parlant ?
Il faut être honnête : fiscalement, le CTO est l'enveloppe la moins avantageuse du paysage français. Le PEA offre une exonération totale d'impôt après 5 ans (hors prélèvements sociaux), l'assurance-vie propose des abattements après 8 ans. Le CTO, lui, ne propose rien de tout cela. La question mérite d'être posée : pourquoi investir sur un compte-titres alors que d'autres enveloppes sont plus efficaces ?
La réponse tient en un mot : liberté. Le CTO permet d'investir dans un univers beaucoup plus large que le PEA : actions américaines comme Apple ou Nvidia, ETF non éligibles au PEA, obligations, foncières cotées, instruments dérivés. Il n'y a pas de plafond de versement, pas de restriction géographique. Vous pouvez même ouvrir un CTO pour une personne morale, comme une société ou une holding patrimoniale.
Dans ma stratégie personnelle, le CTO remplit une fonction précise : tout ce qui ne rentre pas dans le PEA ou l'assurance-vie y va. C'est le complément, pas la base. Et si je paie plus d'impôts dessus, c'est le prix à payer pour investir dans des actifs que je ne trouverais nulle part ailleurs. J'ai commencé avec un CTO chez un courtier en ligne il y a six ans, uniquement pour acheter des ETF américains. Aujourd'hui, il représente environ 30 % de mon patrimoine financier, et je le considère comme un outil de diversification, pas comme un produit d'épargne fiscalement optimisé.
Quels sont les avantages fiscaux d'un compte-titres ?
La réponse est brutale : aucun avantage fiscal spécifique. Le CTO relève de la fiscalité de droit commun applicable aux revenus et plus-values de valeurs mobilières. Les dividendes et intérêts sont imposables lorsqu'ils sont perçus. Pas d'abattement, pas de différé, pas d'exonération après une durée de détention. C'est le régime le plus simple, et le plus sévère.
Est-ce à dire qu'il faut éviter le CTO ? Non, mais il faut l'utiliser en connaissance de cause, après avoir maximisé les autres enveloppes. Le CTO reste un outil de liberté et de diversification, pas un outil d'optimisation fiscale.
Quelle est l'imposition du compte-titres en 2026 ?
Pour résumer : en 2026, les revenus et plus-values du CTO sont imposés selon le régime de la flat tax, qui atteint désormais 31,4 % pour les revenus soumis aux prélèvements sociaux (12,8 % d'impôt + 18,6 % de prélèvements sociaux). L'option pour le barème progressif reste possible, mais elle n'est intéressante que pour les contribuables à faible taux marginal.
Le choix entre CTO et assurance-vie dépend de votre horizon et de vos objectifs. Si vous investissez sur du long terme et que vous pouvez vous passer de la flexibilité du CTO, l'assurance-vie reste plus efficace fiscalement. Si vous avez besoin de liberté d'investissement, le CTO est le seul outil qui vous la donne vraiment.
Quant à la question de savoir si le CTO vaut le coup malgré cette fiscalité, ma réponse est oui, à condition de l'utiliser intelligemment : privilégiez les ETF capitalisants, pratiquez le tax-loss harvesting en fin d'année, et ne laissez jamais l'impôt guider toutes vos décisions d'investissement. La fiscalité doit être un paramètre, pas une obsession. Après tout, payer des impôts sur des gains signifie qu'il y a eu des gains. Et c'est déjà une bonne nouvelle. Le jour où la fiscalité de votre CTO vous semblera trop lourde, rappelez-vous simplement que le PEA plafonne à 150 000 € de versements, et que la liberté, elle, n'a pas de plafond.